Une moto se salit vite, et se lave mal. Entre les recoins impossibles à atteindre, les pièces qui n'aiment pas l'eau et les produits mal choisis, un lavage rapide fait souvent plus de dégâts qu'il n'en répare.
Voici les cinq erreurs que je rencontre le plus souvent sur les motos qu'on me confie, et ce qu'il faut faire à la place.
1. Le nettoyeur haute pression trop près
C'est de loin la plus coûteuse. Un jet tenu à dix centimètres développe assez de puissance pour chasser la graisse des roulements de roue, forcer les joints spy de fourche et faire sortir la graisse des joints toriques de chaîne.
Les dégâts ne se voient pas le jour même. Ils apparaissent des semaines plus tard, sous forme d'un roulement qui siffle, d'une fourche qui suinte ou d'une chaîne qui se détend anormalement vite. Les connectiques électriques et le compteur encaissent aussi mal l'eau sous pression.
Ce qu'il faut faire : rester à 40 cm minimum, travailler en angle plutôt qu'à la perpendiculaire, et ne jamais viser directement les roulements, la chaîne, les silentblocs ni les faisceaux. Un prélavage à faible pression avec une mousse active fait l'essentiel du travail sans rien forcer.
2. Laver en plein soleil
Le problème est simple : le produit sèche avant d'être rincé. Ce qui reste, ce sont des auréoles, un voile blanchâtre sur les parties noires et des traces de calcaire qui s'incrustent dans le vernis.
Sur une peinture chaude, certains produits réagissent aussi différemment de ce que prévoit le fabricant. Et une moto dont le moteur ou l'échappement sont encore tièdes présente un vrai risque de brûlure.
Ce qu'il faut faire : travailler à l'ombre, sur une moto froide, moteur et échappement à température ambiante. Et ne jamais laisser un produit sécher sur la carrosserie, quelle que soit l'étape.
3. Une seule éponge pour toute la moto
C'est l'erreur la plus discrète, et celle qui laisse les traces les plus durables.
L'éponge qui vient de frotter la jante et le bas de carénage a capturé des particules de plaquettes de frein et des gravillons. Quand elle remonte sur le réservoir, elle les traîne avec elle. Ce sont ces micro-rayures circulaires qu'on ne voit qu'au soleil rasant, et qui ternissent progressivement une peinture noire.
Ce qu'il faut faire : des outils dédiés par zone, jamais le même passage du bas vers le haut. Préférez aussi le gant microfibre à l'éponge : l'éponge retient les particules en surface, la microfibre les emprisonne dans ses fibres, loin de la peinture.
4. Le liquide vaisselle
Il nettoie bien, c'est vrai. C'est justement le problème : il est dégraissant par conception.
Utilisé sur une moto, il retire la protection existante, cire, scellant, traitement céramique, en un seul lavage. Il assèche aussi les plastiques, les joints et le cuir de selle. Résultat : une moto lavée au liquide vaisselle se resalit deux fois plus vite, parce qu'il ne reste plus rien pour repousser l'eau et la poussière.
Ce qu'il faut faire : un shampoing auto ou moto à pH neutre, formulé pour nettoyer sans attaquer les protections. Le surcoût est dérisoire comparé à ce qu'il préserve.
5. Laisser sécher à l'air libre
L'eau s'évapore, les minéraux restent. Ce sont ces petits points blancs tenaces sur le noir brillant et les chromes, particulièrement visibles dans une région à eau calcaire comme la nôtre.
Il y a un second effet, moins connu : l'eau piégée dans les recoins, sous les carénages et autour des fixations finit par ressortir. Une moto qui paraît sèche se retrouve avec des coulées une heure plus tard, souvent au premier démarrage.
Ce qu'il faut faire : chasser l'eau des recoins à l'air pulsé avant de passer la microfibre. Utiliser une microfibre propre et une aide au séchage, qui lubrifie le passage et évite de créer des micro-rayures au moment même où l'on croit finir le travail.
Ce qu'il faut retenir
Aucune de ces erreurs ne détruit une moto du jour au lendemain. C'est leur répétition qui use : une peinture qui perd sa profondeur, des plastiques qui blanchissent, une chaîne qui fatigue plus vite que prévu.
La bonne nouvelle, c'est qu'aucune ne demande de matériel coûteux. Un shampoing adapté, deux seaux, quelques microfibres et un peu de méthode suffisent à changer le résultat.
Si vous préférez confier ça à quelqu'un, j'interviens à domicile dans un rayon de 40 km autour de Collonges-sous-Salève, Annemasse, Saint-Julien-en-Genevois, Annecy et la Haute-Savoie. J'arrive avec mon eau filtrée et mon électricité : vous n'avez rien à prévoir.